mardi 20 janvier 2026

Hunger Games, la meilleure série dystopique!

Ce n'est pas la première fois, ni la dernière, que je parle de la série Hunger Games de Suzanne Collins. Non seulement c'est une de mes séries préférées, c'est aussi, selon moi, une des meilleures séries YA dystopiques. Et je viens vous expliquer pourquoi!


Avant de commencer, un petit résumé est de mise pour les personnes qui n'auraient pas lu la série. Et attention! Il y a aura des divulgâcheurs! Chaque année, les 12 districts de Panem envoient 2 adolescents (une fille et un garçon) aux Jeux de la Faim (aka les Hunger Games). Les jeunes devront se combattre jusqu'à la mort pour être le ou la vainqueur.e. Ces jeux sont organisés chaque année pour rappeler le pouvoir de Panem sur les districts. Quand Prim est tirée au sort, sa sœur Katniss se porte volontaire et part aux Jeux avec Peeta Mellark. Au Capitole, ils s'entrainent afin d'être prêts à aller se battre jusqu'à la mort contre les autres jeunes.


Katniss est loin d'être une héroïne classique: elle est loin d'être heureuse de devenir un symbole pour le mouvement de résistance. Tout ce qu'elle fait est plutôt en survie ou en réaction à quelque chose et non parce qu'elle cherche de la gloire. Tout le long de l'histoire, son mode survie est toujours à on, elle est toujours sur ses gardes pour s'assurer de ne pas se mettre elle-même ou sa famille en danger. J'ai souvent vu des critiques sur son personnage, disant que dans tout ce qui arrive dans l'histoire, malgré le fait qu’elle soit le visage d’un mouvement de résistance et que beaucoup repose sur ses épaules, elle reste « vraie à elle-même » et pense à ses propres besoins/désirs avant tout. Et c’est ça le but de l’histoire, selon moi! Dans toute l’atrocité de ce qui se passe, tout ce que Katniss veut, c’est de retourner dans son district pour y être oublié et que sa famille soit en sécurité. Je trouve que l’utilisation du point de vue interne est une décision intéressante pour la série. On voit tout à travers les yeux de Katniss, ce qui rend les manipulations politiques encore plus percutantes. On comprend mieux les conflits internes qu’elle vit à travers la série.


La série est aussi une critique politique claire et accessible de thèmes qui, même 10 ans après sa sortie, reste encore pertinente. La série explore des thèmes comme l’autoritarisme, la propagande, la manipulation médiatique, la résistance civile et les dérives du capitalisme et du spectacle. Elle vulgarise ces thèmes complexes tout en les rendant captivants et ancrés dans des enjeux qui sont encore très présents aujourd’hui. On peut entre autres penser à ce qui se passe présentement aux États-Unis, où plusieurs publications qui critiquent ce qui se passe sont cachées par les algorithmes.



On peut aussi y voir une critique de la téléréalité et de la désensibilisation de « Monsieur Madame Tout-le-Monde » à la souffrance. Encore une fois, on peut faire un lien avec la réalité, et ce, encore aujourd’hui. Je ne sais pas à quoi ressemble votre algorithme ressemble, mais personnellement, le mien sur TikTok me présente beaucoup de vidéos de villes qui se font bombarder en Ukraine des bombardements en Ukraine, mais aussi des scènes extrêmement violentes impliquant des agents « de la paix » américains et des manifestants. En quelques sortes, la série est une dystopie qui parle directement à notre société numérique et médiatisée.


Chaque tome a ajouté quelque chose à l’histoire, plutôt que de répéter plus ou moins la même chose, avec de nouvelles épreuves. Le premier tome permet de mettre les bases du monde de Panem. On y découvre les districts et leurs rôles dans la structure. On y voit comment fonctionne les jeux, comment les jeunes sont entrainés, puis on les suit durant les jeux. Le premier tome se concentre sur le côté de la survie et du spectacle. Dans le deuxième tome, c’est plutôt les thématiques de l’oppression d’un gouvernement corrompu, la manipulation et les complots qu’on voit. Les jeux qui se passent y sont truqués : ce sont les 75e jeux et à chaque 25 ans, le Capitole organise des jeux spectaculaires. Pour cette édition, les deux personnes qui seront envoyées dans cette épreuve sont pigées parmi les anciens Vainqueurs. « Étrangement », Katniss est la seule Vainqueuse de son district et est aussi celle qui a osé défier le Capitole. Le troisième et dernier tome de la série est sur la finalité de tous ces combats : la guerre totale entre la résistance et le Capitole et les conséquences humaines de ces tensions. La série s’assombrit progressivement, ce qui la distingue d’autres trilogies YA plus uniformes.


C’est une série qui parle autant aux adolescents qu’aux adultes grâce à des thèmes intemporels. On y parle de sacrifice, Katniss se portant volontaire pour des jeux (dont elle ne pense pas survivre) pour remplacer sa sœur. Elle fait sans cesse des sacrifices et des compromis sur son identité, sur qui elle est pour rester l’image d’une révolution pour la mener à bien et renverser un gouvernement corrompu. Il faut se rappeler qu’au départ, elle ne voulait pas être l’image de la révolution! Tout ce qu’elle voulait, c’est sauver sa sœur. On y voit la perte de proches en temps de guerre, la perte de repère après que ce qu’on connait disparaisse. La moralité en temps de guerre est aussi un thème central : on voit que certaines personnes sont prêtes à accepter plus de violence que d’autres. La façon dont sont présentées les thématiques ne simplifie pas les conséquences et n’offre pas de solutions faciles. Elle reste vraie à la réalité, qui est remplie de nuances et de points de vue.


Je pense qu’on peut s’entendre que l’univers est bien construit et qui ressemble un peu au notre, sans que ce soit un copié-collé. Contrairement à d’autres dystopies YA plus flous, Collins a bâti un monde qui semble presque plausible. Tout a été bien pensé, de la structure sociale à l’économie (qui est basée sur l’exploitation des districts) et de la technologie (qui est bien présente, mais contrôlée par le Capitole)! La géographie est assez cohérente, on peut s’imaginer quel district se situe où plus ou moins sur une carte.


Le triangle amoureux dans l’histoire est loin d’être le cliché qu’on voit dans plusieurs romans impliquant de la romance. Premièrement, c’est loin d’être l’intrigue principale, qui se concentre plutôt sur une jeune ado qui tente dans une évolution d’événements qui la met de plus en plus. Le triangle amoureux sert en fait à explorer les effets de la guerre sur les relations humaines. Le lien avec Peeta se crée dans un contexte de survie, où les deux peuvent comprendre ce que l’autre a vécu dans l’arène et les atrocités qui s’y sont passées. Il L’autre est plus axé sur une idée d’un idéal, d’une aspiration : Katniss connait Gale depuis toujours, qui a toujours été là pour elle, encore plus quand elle a été envoyée dans les Hunger Games, et qu’elle apprécie déjà.


Bref, selon moi, la trilogie des Hunger Games est la meilleure dans le genre de la dystopie et j’espère que vous allez la lire si vous ne l’avez toujours pas lu! C’est une série qui mérite amplement son hype.

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